• Compte rendu de la réunion dans les Alpes 17 novembre 2017

    Voici une synthèse rapide de notre journée "Esprit Parc" consacrée à la lutte contre le varroa.
    Frédéric

    Le varroa est un acarien introduit en France dans les années 50, quand l'Apis Mellifera a été mise en contact avec Apis Cerena, une abeille asiatique résistante au parasite.
    A l'exception de l'Australie et de quelques zones en Afrique, le varroa a colonisé tous les continents.
    Comme le varroa passe sa vie adulte accroché à l'abeille, sa dénomination est "Varroa phorétique", abrégée en "VP". La "phorésie" désigne un moyen de locomotion par une autre espèce. Il est ainsi fort probable que la contamination des ruches s'opère à l'extérieur par contact entre butineuses sur les fleurs.
    Les abeilles parasitées par le varroa présentent un poids réduit (<30%), une durée de vie limitée (<30%), sont inaptes à certaines tâches, ont un système immunitaire réduit et une forte infestation de la ruche en fin d’été peu induire sa mort durant l'hiver. Il est donc très important de maintenir une population de varroa basse tout au long de l’année et particulièrement en fin d’été pour avoir une colonie d'abeilles d'hiver saine.

    Pour proliférer dans une ruche, le VP pond ses oeufs à l'intérieur d'alvéoles du convain non operculées, où leur développement sera plus rapide que celui de la nymphe d'Apis mellifera. Les abeilles qui naissent sont reconnaissables à leurs ailes atrophiées. Chaque femelle VP "fondatrice" donne naissance de 1,3 à 1,5 femelles matures. Le parasite peut vivre 80 à 100 jours sans couvain et on estime que 10% de la population de VP meurt chaque mois. Ces chiffres expliquent que, sans traitement, la croissance du nombre de VP est quasiment exponentielle, et explose dès la fin du printemps, pendant les mois chauds.
    Certaines abeilles, dites "africanisées" arrivent à combattre la prolifération du varroa. Dans une moindre mesure, l'Apis mellifera a développé quelques réponses comportementales que l'on désigne par les termes VSH - Varroa Sensitive Hygiene - et SMR - Suppressed Mite Reproduction.
    Le comportement VSH consiste à nettoyer les alvéoles des parasites, quand une ouvrière en a détecté la présence, on suppose par des stimulis olfactifs. Un film projeté pendant la conférence montrait une ouvrière ouvrir une alvéole operculée afin d'en extraire les larves de varroa.
    Le SMR, observé par moment, se traduit par une inhibition de la fonction reproductive de la femelle varroa dans l'alvéole. On suppose qu'il s'agit du résultat de la défense immunitaire de la nymphe de l'abeille à l'infection parasitaire.
    Les couvains de mâles sont plus parasités que les couvains de femelles, du fait de leur plus longue durée de couvaison : 24 j pour un faux-bourdon contre 21 j pour une ouvrière.
    Les reines se développant plus rapidement (16 j), leur couvain n'abrite pas de varroa.

    La lutte contre le varroa a pour seul objectif l'élimination optimale d'un pourcentage de parasite. En effet, le VP ne disparaît jamais définitivement de la ruche, quel que soit le traitement.
    Partant de ce constat, quelques notions sont à assimiler :
    - VP/100ab et sa mesure. Il s'agit de faire un comptage du nombre de VP, ramené à 100 abeilles, qui se calcule selon 3 méthodes assez complexes mais parfaitement décrites, avec vidéo, sur le site de l'Adapi. Cette mesure permettra de connaître l'efficacité du traitement.
    - Les fin de miellée et début d'hivernage, à partir desquels seront déterminés les périodes de traitement.
    - Les stratégies de traitements possibles et les techniques associées. Pour résumer, il y a deux méthodes :

    APICULTURE CONVENTIONNELLE
    - Apistan : un traitement de fin d’été à base de Taufluvalinate qui ne présente qu’une faible efficacité depuis l’apparition de souche de varroa résistante.
    - Apivar : est un traitement de fin d’été à base d’Amitraze. Appliqué par Abiho Calanque fin août.

    APICULTURE BIO
    Thymovar – Apilifevar – Apiguard : trois traitements à base de thymol qui constituent chacun la base d’un traitement alternatif contre varroa de fin d’été et qui doivent être complétés par un traitement hivernale.
    Les huiles essentielles, lesquelles ne sont toutefois pas recommandées, car elles perturbent les colonies.
    L'acide Oxalyque (A.Ox) précédé d'un encagement de la reine pour éliminer le couvain.
    L'acide Formique (A.Fo) qui peut être utilisé tout au long de l'année avec couvain. L'A.Fo tue le varroa sous l'opercule, cependant les conditions météo d'application ainsi que les proportions d'A.Fo doivent être rigoureusement respectées. Par exemple, l'utilisation en hiver est impossible car la température nocturne doit être comprise entre 25°C et 30°C.
    Le piégeage de couvain de mâles, avec cadres spéciaux.

    Dans la salle de conférence se trouvaient des apiculteurs qui produisaient jusqu'à 10 tonnes de miel par an. Bien évidemment, ces méthodes et techniques sont méticuleusement mises en oeuvre par ces professionnels. Pour Abiho Calanque, on peut se contenter de retenir qu'il ne faut pas rater les traitements de fin d'été et d'hiver pour commencer un nouveau cycle de printemps dans les meilleures conditions sanitaires.
    En parcourant le site internet de l'Adapi, on apprend que les lanières d'Apivar ne sont plus efficaces au bout de 10 semaines. L'Adapi a observé des améliorations de l'efficacité si un grattage des lanières est réalisé 4 semaines après le début du traitement. Le pourcentage de destruction du VP augmente de 5%.
    Mais le taux d'efficacité final, d'envirion 95%, doit être complété par un traitement d'hiver, à l'A.Ox par exemple.

    Un site internet pour prolonger sa connaissance du sujet : http://adapi.adafrance.org

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